jeudi 11 juin 2009
L'invasion velue de Corée
En réparation pour le préjudice causé à nos belles forêts, je propose que le gouvernement français exige la restitution immédiate par la Corée des îles Liancourt...
lundi 13 avril 2009
du rififi dans les capotes



mardi 31 mars 2009
lundi 9 mars 2009
un site chinois sur les droits de l homme au Tibet (!!!!)
http://fr.tibet328.cn
la Chine change de stratégie. Au lieu de censurer les sites étrangers pas toujours très tendres avec eux et consacrés aux droits de l'homme en Chine , le gouvernement vient de mettre en place son propre site, traduit en 3 langues.
Pourquoi 328? cela correspond au 28 mars, cette date a été choisie depuis peu pour célébrer la fin du servage au Tibet. Les droits de l'homme au Tibet, sous-entendu grâce au gouvernement chinois, les droits de l'homme au Tibet se sont nettement améliorés.(!!!!!)"L'Association a indiqué qu'elle se servirait de mots, de données et d'images pour transmettre au monde les changements extraordinaires enregistrés sur les droits de l'Homme au Tibet au cours des 50 années passées." (http://www.french.xinhuanet.com/french/2009-03/09/content_833170.htm)
jeudi 5 mars 2009
le Petit Julien en costume Chinois

le 3 mars, le Manneken Pis a revêtu son costume chinois confectionné dans du cuir venu de la ville de Haining, en Chine. Pour l'occasion, la ville a reçu le diplôme d'honneur de l'ordre des amis du Manneken Pis. Les Chinois sont pas peu fier de voir leur costume traditionnel couvrir la nudité de ce petit garnement.
vendredi 27 février 2009
Seoul dans ses ruines
Et sur place, qu’en est-il ?

Les activistes sont toujours là. Ils ont investi le premier étage du bâtiment où le drame au eu lieu. Ils sont accompagnés de deux cars de CRS et d’une journaliste bizuth au Hankyoreh, qui grille une cigarette et semble s'ennuyer un peu. Au rez-de chaussée du bâtiment en ruine, une pièce mortuaire avec les portraits des cinq disparus, devant lesquels brûle une bougie et de l'encens.

Juste à côté, un bus de police défoncé et brûlé sert de panneau d'affichage. Caricatures, dazibaos, pamphlets, peintures. Des cris de rage et de désespoir contre une Corée qui abandonne de plus en plus d'exclus. Les activistes s'expriment. Personne n'écoute.



Derrière le bus, une poignée de flics fument en silence, accoudés sur leurs boucliers anti-émeutes. C'est calme.
Les passants passent. La gare de Yongsan est juste en face, avec son quartier rouge et ses immenses centres commerciaux modernes. Les badauds manifestent peu d'intérêt. Ils sont arrêtés par des grands-mères qui leur demandent de signer des pétitions. Certains signent. La tragédie attire toujours la sympathie, quand même.
Nous marchons dans les rues du quartier dévasté, promis au bulldozer. Pas une âme. Un Family Mart est toujours là, intact. Il reste même des produits sur les étagères. D'autres magasins sont défoncés, vitres brisées et amas d'ordures à l'intérieur. Des graffitis obscènes et menaçants ont été laissés par les gangsters qui ont été chargés de vider les habitants.


L'église du coin, en brique rouge, semble avoir été protégée. Sera-t-elle épargnée par les new towns ? Un coiffeur ouvre toujours boutique, et affiche des pamphlets de résistance contre sa vitrine. Son magasin est vide.
En arrière-plan, la silhouette vaguement menaçante des grandes tours nouvellement construites et vides assombrit l'horizon. Solitude.
Le marché autrefois convivial et chaleureux est devenu une décharge. Au milieu des ruines, une grand-mère obstinée continue à vendre trois légumes. Sa silhouette est courbée, son regard éteint fixe le monceau de débris devant elle ; dans la ruelle déserte, le vent emmène quelques prospectus déchirés.
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dimanche 8 février 2009
Tradition Farineuse

Mes félicitations!

Attend, il en reste un peu

Nouvelle mode, déchirer ou découper son uniforme

Petite pause avant de repartir au front

La crève s'invite éventuellement à la tradition

Les filles ne sont pas en reste
Jadis Sungryemun
* Sungryemun, en pleine restauration, reste le trésor numéro 1 de la nation, devant la Pagode en Marbre du Monastère de Wongak.

Sungryemun

La ville fortifiée de Séoul

Vue de Namsan
jeudi 5 février 2009
Meurtres en Série
Ce petit crime de quartier ne s’arrête malheureusement pas là. Tout porte à croire que Kang soit aussi l’auteur d’une série de meurtres non-résolus dont les faits remontent jusqu’à décembre 2006. Les enquêteurs ont en effet retrouvé un couteau de cuisine, des cheveux de femme et une bague en or dans le véhicule de Kang garé dans sa ferme à Suwon. Branle-bas de combat des autorités publiques : l’Institut National de l’Enquête Scientifique a examiné les objets trouvés, des centaines de policiers ont procédé à la fouille de la propriété dans le but de découvrir d’éventuels nouveaux indices tandis que plusieurs profileurs criminels ont pris part aux interrogatoires. Une des zones d’ombre de la vie de Kang demeure l’incendie de son domicile en octobre 2005, entraînant la mort de sa quatrième femme et de sa belle-mère. Le veuf accompagné de son fils avait alors réussi à s’extirper de la maison en feu. Kang avait par le plus grand des hasards souscrit deux polices d’assurances avant que sa demeure ne s’embrase. Il reçut en dédommagement la bagatelle de 480 millions de wons (environ 350 000 dollars).
Fin janvier, retournement de situation. Alors que jusqu’ici il niait toutes ces accusations, Kang signe sa reddition en confessant le meurtre de sept femmes toutes portées disparues depuis ces deux dernières années. A l’instar de son dernier acte en date, Kang aurait approché ses victimes afin de les violer, les voler et les étrangler. Les corps ont ensuite été enterrés dans des zones à l’abri de tout regard. Kang présentera ses excuses devant les camera d'une voix calme et sans conviction qui tranche avec celle de criminels habituels. Suite à sa confession, le tueur en série a procédé début février à une reconstitution des scènes du crime dont la similitude à celle du film noir de Chang-wook Park Lady Vengeance est plus que troublante. Kang et la police ont visité les villes de Gunpo, Suwon et Hwaseong à cet effet. Les corps étaient effectivement là. Tour à tour, le meurtrier, dont le visage est masqué par son manteau et sa capuche, montrera comment il a étranglé puis enterré ses victimes. La colère des badauds présents sur le lieu était sans retenue : Des regards enflammés convergaient sur le criminel, et le large cri, multiple, la voix syncopée et immense de la foule s’élevait pour vociférer un “à mort” presque cérémonial. “Enlevez-lui sa casquette!” s’exclamait l’un d’entre-eux. Une grand-mère de 80 ans habitant près des lieux du crime se disait prêt à vouloir le tuer. Le terrible cri résonnait dans l'air de ces lieux désertiques à plusieurs reprises: "A mort!”. La police a eu du mal à contenir une foule soudainement prise d'une passion vengeresse.

Résumé géographique des crimes

Scène de reconstitution d'un des meurtres
Le tueur, accusé au total de sept meurtres commis entre décembre 2006 et décembre 2008, fait l’objet d’une vive controverse à l’échelle nationale : Pour ou contre montrer le visage des présumés coupables? En Corée du sud, les suspects ont le droit de masquer leur visage même après avoir confessé leurs crimes. Cette pratique remonte à une directive de la police en 2005 : “Les images révélant l’identité des suspects et des victimes ne doivent pas être prises dans les commissariats” afin de protéger les droits des victimes mais également les droits des suspects. La Commission Nationale des Droits de l’Homme a également donné un avis dans ce sens. Kang a ainsi été présenté à la presse muni d’une casquette, d’un masque et de la capuche de son manteau. Furia du public qui réclame le visage du coupable. Les médias ont décidé d’être fédérateurs. La photo d'identité judiciaire a été publiée par le JoongAng Ilbo et le Chosun Ilbo. Les chaînes de télévisions nationales ont ensuite emboîté le pas en dévoilant des images de Kang à visage découvert.
Une polémique similaire avait éclaté lors des arrestations de deux autres tueurs en série en 2004 et 2006. La véhémence coréenne s'est finalement estompé avec le temps. Avec ce nouveau cas, le débat est-il réouvert? En attendant, les ventes d’alarmes portables et de nunchakus ont augmenté suite à l’arrestation de Kang.

Entretien à visage caché
samedi 24 janvier 2009
Bonne Année!
Quelques photos pour apprécier l'ampleur du défi à relever (n'oubliez pas, c'est l'aller et le retour dans les bouchons) :



Eclectiques vagabondages
Mais ce qui est plus saugrenu, c'est que les Chinois étaient commandés par un Coréen de Goguryeo, Gao Xianzhi (高仙芝, 고선지), qui, fait assez remarquable pour une minorité ethnique, est parvenu au rang de général. Son père était également un général de Goguryeo vaincu par l'alliance Tang-Shilla. Il a participé aux campagnes chinoises visant à subjuguer l'Asie Centrale et le Xinjiang actuel. Il mourut décapité.
L'autre aspect insolite, est que cette partie de l'histoire de Chine a été couverte par Bo Yang, un historien Taïwanais, qui est notamment devenu célèbre par son embastillement par Chiang Kai-Shek, dont il s'était payé la tête par le truchement de traductions de ... Popeye !
mardi 20 janvier 2009
Virtualité Réelle
Le jeu vidéo en ligne Lineage semble apparemment réunir en son sein une tripotée d’imbéciles dont le seul but est l’appât du gain. Créé par Ncsoft en 1998, le jeu massivement multi-joueurs en ligne a recueilli jusqu’à trois millions d’adeptes en Corée du sud. Certains parlent de drogue virtuelle. On compte parmi les joueurs un nombre important de mineurs et de personnes sans-emploi. Les accros peuvent rester connectés plusieurs journées à la suite. Lineage a notamment ruiné la carrière du talentueux footballeur Joonso Go. La particulier du jeu réside surtout dans la possibilité d’acheter et vendre entre joueurs des objets pour son avatar. Les dérives sont alors facile à imaginer. En 2003 par exemple, un blanc-bec de 17 ans et trois accolytes ont escroqué la somme rondelette de 140 millions de wons (environ 80 000 euros) à 350 joueurs fanatiques. Les malfaiteurs ont vendu des objets fictifs à des prix défiants toute concurrence. Certains objets inédits peuvent effectivement être vendus à 5 millions de wons (environ 2800 euros) l’unité. Afin d’éviter ce genre de manigance, des sites internet offrent exclusivement des services de chambre de compensation pour les transactions d’objets en ligne. Mais l’argent n’est pas seulement le seul moyen de réglement. Des cas de cession d’objets ou de personnages en échange de faveurs sexuelles ont été relevés par la police. Heureusement, le phénomène semble se tarir : le nombre de connexion est en nette baisse principalement en raison de la sortie de nouveaux jeux onlines dont... Lineage II.

Attention, joueur accro
Désastre Manifeste
En mai 2008, la ville de Séoul annonce le développement de Yongsan Link, un immense projet censé rattacher la gare de Yongsan au Musée National de Corée avec des espaces verts et des tours gigantesques que les coréens affectionnent tout particulièrement. Le sous-sol, deux fois plus grand que le COEX de Samsung-dong à Kangnam, abritera à l’instar des Halles de Paris une véritable ville entière avec son lot de centres culturels, grands magasins, hôtels et autres lieux de commerce.

Yongsan Link (la gare actuelle de Yongsan est visible en haut de la photo)
Promoteurs, constructeurs, propriétaires, tous se frottent les mains à l’idée d’un tel projet de construction au coeur de Séoul, seul lieu sans véritable zone commerciale et résidentielle de renom en raison des bases militaires américaines dispersées dans le district de Yongsan. Tous? Non, un petit groupe d’irréductibles, principalement des petits commerçants, demande avec détermination une compensation financière plus conséquente suite à la fermeture de leur commerce. Le quartier, jadis florissant de petites boutiques, de restaurants et d’un petit marché permanent aux allures de souk, est désormais bouclé. Les bulldozers ont investi les lieux depuis quelques mois seulement. Lorsqu’un projet de cette envergure se dessine à l’horizon, l’intimidation prend rapidement le pas sur la négociation. Les anciens propriétaires du quartier ont tout simplement viré leurs locataires, acculés à déclarer en cessation de commerce. Leurs indemnités, si elles existent, sont dérisoires. Difficile dans ces conditions de rester les bras croisés. 120 personnes habitent encore les lieux alors que les démolitions sont en cours.

Des manifestants visiblement pas contents
Depuis le début des travaux, une quarantaine de personnes ont manifesté aux alentours du quartier sans provoquer de heurts majeurs. Lundi matin, les manifestants ont décidé de passer à l’action en s’enfermant à l’intérieur d’un bâtiment de cinq étages du quartier. Munis de pierres et de projectiles, les irréductibles ont repoussé inlassablement toutes les tentatives d’approche par les employés des entreprises de démolition et les forces de l’ordre. Suite à l’arrivée des forces spéciales de la police et d’une grue pour atteindre les étages supérieurs, les manifestants ont sorti les explosifs artisanaux et les jerrycans de liquides inflammables et combustibles. Le siège tourne au drame avec le toit en flamme. Au final cinq manifestants et un policier seront retrouvés sans vie sous les décombres.

Tiens, dans ta gueule!

Les manifestants étaient également munis de lance-projectiles efficaces

"Descente" aérienne des forces spéciales de la police

Le feu sur le toit

Indécrottable
Ce drame tombe mal. Le président Myungbak Lee venait juste de nommer Seokki Kim pour mener l’Agence de Police Nationale. On repprochait notamment à l’ex-chef de la police de Séoul sa gestion violente et autoritaire lors des manifestations à la bougie anti-boeuf américain. Du pain bénit pour l’opposition. "La première réalisation (de Kim) à la tête de la police nationale est la répression sanglante contre des citoyens ordinaires", s’est exclamée la porte-parole du Parti Démocrate. Les partis d'opposition réclament la démission immédiate des responsables de cette affaire.
Le quartier de Yongsan, d’ordinaire calme et fluide, était ce soir encore paralysé.
lundi 19 janvier 2009
Découverte Fortruite
Du 7 janvier au 1er février, les amateurs de truites de rivière pourront à la fois exercer leur talent de pêcheur et satisfaire leurs papilles gustatives au Festival de Glace de Sancheoneo à Hwacheon (province de Gangwon). Basé sur la rivière de Hwacheongang, l’événement rassemble chaque année plus d'un million de participants (jusqu'à 135 000 visiteurs par jour le weekend) prêts à tout pour capturer celle que l’on appelle “la reine des vallées”. Des trous éparpillés tout au long de cette rivière gelé de 2km de longueur et de 100 mètres de largeur sont à la disposition des festivaliers. Les plus braves tenteront d’attraper à main nue cette truite fort agile tandis que d’autres utiliseront la méthode plus traditionnelle de la canne à pêche. Accessoirement, le lieu se transforme en gigantesque cantine à ciel ouvert : sashimis et sushis en tout genre se dégustent dans une foule sans cesse grandissante.

Aussi fort que la plage en été

Décidement au Pays du Matin Calme, on aime bien faire les choses en groupe
vendredi 16 janvier 2009
La main dans le sac
Je ne cherche pas du tout ici à me faire l’avocat des droits d’auteur (je m’en tamponne même pas mal, à vrai dire.) Ceci dit... les publicistes coréens manquent-ils à ce point d’imagination, et de fierté ?
Pub originale – Herpes – Eau des Merveilles
Pub coréenne – Poori Bank - Carte de crédit quelconque
Petit bonus pour vous, amis lecteurs : le logo du SK Broad Band sur l’image ci-dessous vous rappelle-t-il quelque chose ?

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dimanche 11 janvier 2009
Voyage vers l'occident, la série ( Suite de SunWuKong c'est qui?)
pour ceux qui auraient des problèmes, le lien direct
http://v.youku.com/v_show/id_XMzEzMjcxODQ=.html
Pédalons gaiement, c'est pour la bonne cause.
La Chine est le pays du vélo, ça c'est sûr. Fatigués de pédaler, les Chinois ont adopté le vélo électrique, deux coups de pédales, et zou, on passe Tian An men en un rien de temps, juste assez pour adresser un sourire à Mao. Mais depuis les JO, le gouvernement chinois se met sérieusement au vert. La preuve dans cette nouvelle initiative: les vélos, au lieu de consommer de l'électricité, en produisent. Explications. Les vieux du quartier ont depuis quelques années à leur disposition toute sorte d'engins colorées pour faire leur gym matinale, dont des vélos d'appartement en plein air. Une véritable arène à entraîner des gladiateurs. Depuis peu, donc, les mamies devront un peu plus se concentrer sur leurs coups de pédales et moins bavarder avec leur voisine, parce que dépend de leur souffle la production d'énergie électrique pour les plus démunis. Imaginez, une rangée de 6 Pékinoises peut produire 180 watts par heure...une batterie, reliée aux 6 vélos, si elle est chargée complètement, peut alimenter une télévision pendant 10 à 11 heures. Allez hop! Au travail! Après les mamies cartons, mamies poubelles et mamies coupe coupe herbe (Corée) les mamies pédalos...qu'est-ce qu'on fait pas pour rendre utile nos vénérables aînés.
mercredi 7 janvier 2009
Election au Kirghizstan
Ne comprenant malheureusement guère le russe, je vais juste vous mettre quelques photos évocatrices de la classe politique locale. Y'a du gratiné.
Un général, un
Total relax
La famille ça paie toujours !
Le président de l'association des cascadeurs kirghizes (!?)
Un toqué
Et mon chouchou, le général Alcazar
Plus d'infos sur lui : http://www.axisglobe.com/article.asp?article=320
mardi 6 janvier 2009
Le choc des balivernes
Samuel Huntington a trépassé. Sans faire du wikipedia, c’est un pur produit de l’élite américaine, Yale, Harvard et tout le toutim. Il a également officié dans l’administration Carter en tant que “White House coordinator of Security Planning for the National Security Council” – quand Brzenziksi était NSA. Tout un programme.
Revenons sur un de ces derniers ouvrages, le fameux « choc des civilisations » sorti en 1994. Ce « brûlot », jeté tel un pavé dans la mare de l’optimisme issue de la fonte de la menace soviétique, se voulait être une réponse aux courants mondialo-internationalistes comme la théorie de paix libérale reprise par Fukuyama (qui au passage en remet une couche : http://the-american-interest.com/contd/?p=688).
Dès la préface, Huttington a la probité de nous prévenir que son livre n’est pas un ouvrage de sciences sociales. Entendez par-là qu’il se contentera de remplir un tiers de chaque page par des citations au lieu de la moitié. Ce qui fait toujours un sixième supplémentaire pour laisser libre court à son imagination débordante sinon à ses fantasmes. Certainement afin de préserver un maximum de suspens, il se garde toutefois de dévoiler le caractère « cheap sci-fi » que le lecteur découvrira assez rapidement.
Ce petit côté « guerre des mondes », rafraîchissant, permettra d’ailleurs de maintenir l’intérêt éveillé entre deux bâillements provoqués par des énumérations longues et fastidieuses. Ce cabotage pénible de nom de pays observés sous différents prismes (religion, ethnie, langue, culture, pointure de chaussure etc…) a au moins le mérite de faire jouer aux 7 erreurs les plus endurants d’entre nous.
L’auteur ne cesse de s’emmêler les pinceaux dans des contradictions (il y a de moins en moins de chrétiens dans le monde, ah oui mais il y a 50 millions de chrétiens en Chine) ou des bêtises (il y aurait de moins en moins d’anglophones sur terre) en collant des citations contradictoires qui, mises bout à bout, arrive à le faire plus ou moins tomber sur ses pieds.
Dans les premières 150 pages, on notera que le Portugal n’est pas en Europe, que la Chine était la 2ème puissance économique (en 94) et d’autres approximations sur l’Asie Centrale (d’ailleurs répétées par Brzenziksi deux ans plus tard dans « le grand échiquier », ce qui rappelle le bon mot de Bruce Cumings : « le cercle des relations internationales aux USA, ce sont dix personnes qui se citent les unes les autres »). Ils n’ont pas de nègres à Harvard and cie pour relire le travail des professeurs qui sucrent des fraises ?
Huttington n’hésite pas non plus à surfer sur la vague de tous les sujets en vogue dans les 90’s (Asian values, éveil de la Chine, déclin de l’occident, menace islamique, régionalisme en Asie etc…), sans ne rien apporter (ce qui démontre bien les méfaits de rétribuer les « scholars » au poids de leurs écrits). Le tout évoque la trame d’un mauvais S.A.S.
Mais ce qui est franchement risible, c’est son côté puant de généralismes, de poncifs, cette vision manichéistes au possible qu’il nous assène imperturbablement, même pour un Américain. (L’assez constipant) Edward Saïd l’a mouché à ce propos (très bon « Popeye » !) dans cet article http://www.nawaat.org/portail/2005/02/02/le-choc-de-lignorance/.
Cela rappelle Peyrefitte qui en 73 déjà, nous annonçait l’Apocalypse sur 500 pages en nous mettant en garde sur le fait que tous les jours il y a de plus en plus de Chinois ; ou bien plus sérieusement, Desproges dans son pamphlet dangereusement xénophobes « les étrangers sont nuls » s’affolait – sans bouger les oreilles - de voir que tous les jours il y avait de plus en plus d’étrangers dans le Monde…
J’ai tout de même du mal à croire que ce type, certainement par ailleurs très brillant puisse avoir des idées aussi bornées et simplistes des réalités de ce monde. Pourquoi un tel amas de billevesées ? A qui le crime profite t’il ? Cela serait-il un travail de commande demandé par des groupes réactionnaires dont les perspectives par trop pacifiques des théories libérales iraient au contraire de leurs intérêts ?
dimanche 4 janvier 2009
Boire ou ne pas Boire
“Un nouvel entrant qui ne consomme pas d’alcool mais qui vide son premier verre et qui quitte les bureaux avant son supérieur après avoir demandé s’il reste du travail à lui confier sera apprécié par sa hiérarchie”.
Tel est le type de réponses données par les responsables des ressources humaines au sujet des problèmes confrontés sur le lieu de travail par les jeunes recrues. Suite au sondage effectué par le site de recrutement incruit.com auprès de 234 responsables des ressources humaines, 79.5% (186 personnes) ont répondu par la positive à la question “avez vous des nouvelles recrues qui vous plaisent?”. 51.6% des sondés donnent comme principale raison “sa mentalité joyeuse et positive” et 38.7% “son attitude attentionnée et sincère”.
Lorsqu’une nouvelle recrue se voit offrir de l’alcool alors qu’elle n’en consomme pas, 66.7% des responsables des ressources humaines lui préconisent “de boire le premier verre par courtoisie et d’éviter les verres suivants du mieux que possible”. ‘Mettre de l’ambiance en faisant le spectacle en guise d’alcool’ (16.7%) et ‘refuser courtoisement un verre sous prétexte de ne pas boire d’alcool’ (15.4%) sont des méthodes relativement peu plebiscitées.
Concernant l’heure de départ tardive du lieu de travail malgré la présence de son supérieur, “poser la question ‘Puis-je vous être utile en quoi que ce soit?’ et d’attendre les ordres de son supérieur” a été la réponse la plus citée. ‘Faire de la présence jusqu’à ce que le supérieur parte’ (15.4%) et ‘partir en avance en avisant son supérieur’ (11.5%) sont des exemples de réponses peu conseillées.
En cas de ‘retard au travail suite à un réveil tardif’, il est fortement recommandé d’“appeler son supérieur pour lui expliquer honnêtement la raison du retard et d’obtenir sa bienveillance” (78.2%). “Appeler un collègue de travail pour lui demander de s’excuser auprès de son supérieur” (7.7%) et “offrir des boissons et des snacks à son équipe pour se repantir après être arrivé au bureau” (2.6%) sont des actes à éviter.
En Corée du sud, ne pas savoir boire d'alcool peut s'avérer être un handicap majeur dans le cadre professionnel. Les soirées alcoolisées ne sont pas seulement l'apanage des commerciaux et des métiers 'masculins' pour les affaires. Une autre forme de dérapage éthylique subsiste au sein du lieu de travail. Une bonne ou mauvaise nouvelle sera l'excuse parfaite pour organiser le hwaesik (littéralement 'repas en groupe'), dîner arrosé entre collègues où les devises d'entreprise et les clinquements de verres d'alcool sont la marque de fabrique. On parle, on mange, mais on boit surtout. Le chef d'équipe est souvent à l'origine de cette mobilisation soi-disante professionnelle, histoire de bonifier les troupes ou de favoriser l'intrégration des nouveaux entrants. On notera au passage l'approbation systématique du petit sous-chef, spécialiste des courbettes à 90 degrés. Selon le type d'établissement et de patron, la fréquence de ces rassemblements peut être élargie à volonté sans être volontiers.
Les hwaesiks représentent ainsi la hantise de nombreux salariés, en particulier pour les femmes. La présence de la jeune recrue est plus qu'obligatoire. Difficile pour les autres d'échapper à la règle surtout si le chef de service répond présent. Boire sans broncher est un exercice de style. Le jeune capable d'aligner au moins trois bouteilles de soju et de chanter comme bel canto au karaoké, prolongement indispensable du hwaesik idyllique, obtiendra la bénédiction de ses supérieurs. En revanche, la personne refusant de "coopérer" en prendra pour son grade. Un joli spectacle qui nous rappelle combien il est parfois difficile de se faire aimer au pays du matin calme.
Un reportage de France24 permet de se familiariser avec cette pratique et d'en comprendre les bouts et les aboutissants.

Pas de doute, ça donne envie
mardi 30 décembre 2008
Sun WuKong, c'est qui?
Le Roi singe a inspiré et inspire toujours la production artistique chinoise, qu'il s'agisse de la littérature, de la peinture, du cinéma ou de la télévision. Bon nombre de petits chinois ont la panoplie du roi singe dans leur armoire: la canne magique qui s'allonge à volonté( je vous vois venir avec vos allusions), et le bandeau sur le front.
Une série télévisée est sortie en 1980 et relatait toutes les aventures du singe aux poils synthétiques, du cochon aux joues en carton-pate et du moine à la face fardée, c'est d'un kitch extrême...la réadaptation n'est pas mieux, je vous laisse découvrir tout ça.
le superbe (à mon humble avis) dessin animé.
La liste des produits dérivés est longue, vous vous en doutez....dernièrement c'est une publicité pour de la lessive où l'authentique acteur de la série du Roi Singe apparait.
pour terminer, les organisateurs des JO de 2008 ont longuement hésité sur le choix des mascottes, parmi les favoris éliminés au dernier round se trouvait le roi Singe. Une question pour nos amis lecteurs: d'après vous, qui l'a détrôné: Le poisson, l'antilope, l'hirondelle, la flamme ou le panda?
dimanche 21 décembre 2008
Culture Pub



C'est ce que l'on appelle avoir l'oreille musicale
Annonceur : Samsung Electronics
Agence : Cheil Worldwide

Le chewing-gum anti-crash
Annonceur : Lotte Confectionary
Agence : Daehong Communications

L'odorat du chat est quatorze fois plus développé que celui de l'homme
Annonceur : Yuhan-Kimberly
Agence : Ogilvy & Mather Korea


Conservons un paysage propre
Annonceur : Yuhan-Kimberly
Agence : Ogilvy & Mather Korea

Plus cliché, tu meurs
Annonceur : Shilla Duty Free Shop
Agence : Cheil communications


Un adoucissant hypoallerzénique
Annonceur : Pigeon
Agence : Hancomm

Comme vous le savez probablement, la peau blanche est un des principaux "canons de beauté" asiatiques
Annonceur : Skinfood
Agence : Diamond Ogilvy

No comment
Annonceur : Dunkin Donuts
Agence : inconnu
jeudi 18 décembre 2008
la Société Shaolin

un bonhomme très zen qui veillera sur votre collection de CD

et puis, pour passer les nerfs quand on n'a pas encore fait l'acquisition du manuel de méditation, voilà la maquette à monter du temple et de ses valeureux occupants.

mardi 16 décembre 2008
Crise Immobilière

Le complexe Vers l'Amour
Le quartier de Pangyo, "ville nouvelle", a été créée de toute pièce par l'administration Roh pour répondre à la demande excessive en 2005 de logement à Kangnam (ville de Séoul) et Bundang (ville de Sungnam), quartiers résidentiels et commerciaux de standing. Le déséquilibre entre l’offre et la demande pour l’immobilier s’est ainsi répercuté de plein fouet sur le prix du foncier. Le phénomène s’est amplifié avec la participation de spéculateurs sans scrupule, des taux d’emprunt bancaires faibles et l’absence de politiques gouvernementales pour enrayer cette spirale infernale. En juin 2006, Séoul devenait la deuxième ville la plus chère au monde, devant Tokyo, Londres, Genève et New-York. Au plus haut de sa valorisation, le mètre carré à Kangnam dépassait les 12 millions de wons (soit 10 500 euros le mètre carré). A ce tarif, il était possible de s'offrir un pied-à-terre dans le 16ème arrondissement accouplé d’une résidence secondaire dans le 15ème arrondissement à Paris.

Pangyo avant les travaux

Pangyo aujourd'hui
Comment est-il possible alors de devenir propriétaire à ce prix? En Corée du sud, la vente d’appartement neuf s’effectue tout d’abord par boonyang, système de prévente et d’attribution d’appartement par tirage au sort. Le promoteur immobilier permet ainsi de couvrir une partie de ses frais avant même le début des chantiers tandis que le futur propriétaire aura la joie de s’offrir un appartement à prix discount. Les chances d’être tiré au sort augmentent en fonction du nombre de personnes à sa charge, du montant déposé sur le compte de souscription et de l’absence d’appartement enregistré à son nom. Il va s’en dire qu’un petit nombre de coréens rusent de mille façons pour augmenter leurs chances (souscription par un tiers, enregistrement de nouvelles personnes à sa charge etc.) car ces droits d’achat d’appartement, dans un marché où les prix ne font que flamber, peuvent être notamment revendus avec une plus-value conséquente à la clef. Pour la grande majorité, être tiré au sort constitue un préfinancement assuré avec un versement échelonné sur plusieurs années. il ne suffit plus que d'un prêt immobilier à taux bas, facilement accordé à l'époque, pour devenir propriétaire d’un appartement de luxe. En avril 2006, la demande pour des propriétés en boonyang à Pangyo était de 88 souscriptions pour 1 appartement.
Dans un souci d’enrayer la bulle spéculative, le gouvernment s’est décidé fin 2006 à mettre en place une série de mesures et de taxes destinées à dissuader le cumul d’appartement et la revente éclair. Parmi les mesures les plus coërcitives, il est par exemple interdit de vendre tout nouvel appartement situé sur un terrain publique localisé dans 16 zones spécifiques de la Corée (dont Séoul, Incheon et Gwancheon) pendant 10 ans (7 ans pour les appartements au delà de 85 mètres carrés). Avec l’arrivée de la crise du subprime et de la récession économique en 2008, le coût du crédit a augmenté de manière significative, réduisant considérablement la marge de manoeuvre des ménages, acculés sous le poids de leurs dettes et de leurs emprunts hypothécaires. Au final, un nombre important d’emprunteurs se trouvant dans l’incapacité de rembourser leur prêt n’ont même plus la possibilité de faire appel au marché immobilier, paralysé par une réglementation excessive, pour vendre leur appartement.
Pangyo n'est pas la seule zone affectée. Les nouvelles villes de Paju, Asan, Sooji ou Hwasung sont sur le point d'enfanter des résidences fantômes. La ville de Séoul, qui a entrepris de vastes projets résidentiels dans les quartiers de Jamshil, Banpo ou Gangdong, assiste, dans une moindre mesure, au même constat. Dans ce contexte si particulier, la grande branderie semble d'ores et déjà se profiler.

Les nouveaux appartements Park Rio de Jamshil
lundi 15 décembre 2008
Séoul, bonjour ivresse

Séoul, bonjour ivresse
Article par Sean James Rose
Rendez-vous à Hongdae, dans le quartier de l'université de Hongik, on attend la Vjette Ari Kim qui va nous introduire au Banana Velvet. Il pleuviote. La nuit a sacrifié aux dieux du néon et des LED (light emitting diodes), ces minuscules points de lumière qui composent des panneaux publicitaires animés comme dans Blade Runner. La Corée n'entend plus être le pays du Matin calme, ou alors il faut entendre par cette quiétude matutinale la torpeur imbibée à laquelle aboutit un trek au bout de la nuit. « Hi Seoul ! », « Salut Séoul ! », le slogan dont s'est dotée la ville, désignée capitale mondiale du design pour 2010, sonne à nos oreilles plutôt comme « Bonjour ivresse ! ».
Vitrine policée. La mégalopole en expansion a beau faire pousser des architectures folles comme le Loop (ou Alternative Space Loop), un espace d'avant-garde à Seokyo-dong, ouvrir des promenades le long du canal à Myeong-dong, essaimer de l'art contemporain un peu partout : par-ci un Claes Oldenburg, par-là une titanesque installation de lumière évolutive dans le parc de Namsan, Electronic Fire, « l'anneau de feu » d'Alexandre Kolinka, cosignée Félicie d'Estienne d'Orves, ça c'est la vitrine high-tech et policée que veut bien nous montrer la municipalité. L'énergie de Séoul déborde la carte postale… Eteignez les bureaux ! Quand le gris matou du conformisme est parti, les souris de la night dansent. Ari Kim, alias VJ Spy, surgit. On la suit à travers les méandres du district étudiant et parmi les odeurs de poissons grillés vendus comme des petits pains à chaque coin de rue.
L'elfe à capuche fend la foule des badauds couche-tard et des noctambules à peine ressuscités pour nous conduire au Velvet Banana d'où refluent dès l'entrée des nappes de gros son. «Soirée hip-hop, ce soir, prévient Ari, c'est le DJ crew, 360 Sounds, qui organise. » «Hello Seoul ! Say yoh !», entonne un DJ fraîchement débarqué de Tokyo pour le Club Day, le quatrième vendredi du mois où, pour 15 000 won, un pass vous donne accès aux boîtes de Hongik. «Yoh, yoh, yoh !» reprend le public acquis au groove du Tokyoïte.
Energie bon enfant.
Ambiance décontractée – les lascars locaux sont fort bien élevés – au milieu d'une faune en baggy, casquette à l'envers, et très très jeune. On savait la génétique favorable aux Asiatiques en matière d'âge. Mais là on se sent ployer sous le poids des ans. Pour peu, on vérifie si c'est bien un ticket ou une carte vermeil qui nous a permis d'entrer. Dans un coin, un jeune peintre improvise un Basquiat, quelqu'un le filme pour les annales de cette «Factory» ad hoc ; plus loin une bande s'agrège autour d'un type qui sautille sur un rap épileptique. Le Velvet Banana dégage une tonne d'énergie bon enfant, mixte de cave estudiantine et de squat d'artistes. On y croise des étudiants étrangers comme Saïd Karlsson, un Suédo-marocain qui «adore les sets de DJ Jinmoo», et des gens de bureau, à l'allure juvénile, telle Kim Hae Lan, une car designer venue s'éclater le week-end.
Le niveau des décibels efface d'un revers de manche pêchu la soirée de la veille au Take Out Drawing, café arty à Seongbuk-dong. Petit flashback : atmosphère plus yin… Dans la galerie-salon de thé, au décor minimal, se rencarde une branchitude intello. Sur fond de Björk coréenne, Doo Seung discute de son projet de revue contemporaine « situationniste » : « Un magazine qui ferait bouger les lignes de manière transversale, tout aussi bien par les discours que le graphisme ou la mode. Son titre : Alook, ça signifie "tache" en coréen, parce qu'on veut faire tache dans le paysage des publications »… Le portable sonne, le même Doo Seung appelle et nous invite à l'anniversaire d'une copine qui travaille à la télé. On quitte le Velvet Banana dont on fait brusquement chuter la moyenne d'âge. Direction Gangnam, le quartier chic au Sud de Séoul. A l'entrée de l'immeuble des hôtesses nous accueillent comme dans un hôtel de luxe, sauf qu'on est dans un immense karaoké. Dans l'une des salles où se déroulent de gargantuesques agapes, on retrouve notre ami Doo Seung qui a un peu oublié Guy Debord et son projet. Le crooner amateur pousse la chansonnette devant un clip sucré dont on comprend qu'il s'agit d'une histoire d'amour impossible… L'heure avance et demain est une autre nuit.
«Gan-bae !»
«Gan-bae ! Allez, on trinque !» Malgré ses airs de poupée, sa robe rose bonbon, sa petite fourrure de starlette et ses accroche-cœurs d'ébène, la mignonne boit cul sec. «Gan-bae !» Elle remet ça illico presto. Hèle la patronne de l'échoppe et recommande, pleine d'allégresse avinée, le soju, l'alcool de riz coréen, et le maeju, la bière. Ingrédients nécessaires à son cocktail explosif : le pok-tan ju, la « bombe ». Tout bon fêtard séoulite qui se respecte s'en enfile une série avant de sortir en club. L'ajuma, la matrone, qui ne s'émeut guère de la soûlographie de la jeune fille, apporte les mille et un mets – le riz, la soupe, le kimchi, le plat national, le chou mariné au piment et à l'ail. On est assis à même le sol, le cul posé sur des coussins très fins (le restau coréen traditionnel c'est yoga plus biture) et l'on mange à l'aide de baguettes plates et pointues en métal (autre exercice de dextérité qui pourrait s'assimiler à un alcootest). Si l'œil s'émerveille de tant de variétés : graines de lotus, radis noirs, poissons frits, poitrine de porc grillée ; les papilles s'affolent devant ce vertige de saveurs où se marient huile de sésame, gingembre et autres épices, et le palais brûle au feu de l'omniprésent piment. «Gan-bae !» Notre fil rouge, ce soir, n'est autre que Nancy Lang, artiste contemporaine et vedette déjantée d'un talk-show sur une chaîne de télévision chrétienne. Nancy est une glamoureuse baby doll asiatique, rigolote pin-up dotée d'une fraîcheur que n'atteignent pas les scuds à base de soju. Elle n'a pas pris l'option daeri driver, l'ange gardien qu'on paie pour vous ramener chez vous plutôt qu'au cimetière, elle n'est accompagnée que de Chanel, son fidèle chaton (en peluche).
Très lookés.
Après avoir cherché une place « sans créneau », Nancy gare enfin sa Mini japonaise – qui doit sûrement être équipée du même GPS que lady Penelope dans les Thunderbirds ou avoir une fonction conduite automatique, vu le taux d'alcoolémie de la conductrice. On est à Itaewon, quartier historique des GI's pendant la guerre de Corée et aujourd'hui des « expats », en grande partie des ingénieurs et des designers automobiles. Nancy nous mène au pied d'une tour, au Volume, temple de l'électro à Séoul. Encore un paradis des lasers et des LED. Cônes de lumière à la Anthony McCall et écran géant de diodes luminescentes où apparaît l'archiprêtre des platines. Tous attendent la grand-messe du DJ allemand Markus Schulz ; lorsqu'il officie, la fosse est en émoi. La liturgie est un peu « panzer-techno», très Ibiza du siècle dernier. Visage lisse et sophistication capillaire hallucinante, les aficionados sont décidément très lookés, habits noirs, blancs ou en camaïeu de gris. Super clean (ici, tu ne dis pas l'heure au dealer). Ils dansent et ne transpirent pas. Sont-ce des replicants ? «Gan-bae !» gin tonic à la main, Nancy nous rejoint, ouf, un humain. On trinque, on discute, on offre un verre à la charmante solitaire. Un garçon impavide s'avance vers nous, cette fois c'est un Envahisseur ! Nancy tout sourire le présente : « My boyfriend ! » OK, il est le temps d'aller se coucher.
mercredi 10 décembre 2008
la Chine recycle ses métros

métro réaménagés en dortoirs pour les étudiants victimes du tremblement de terre dans le Sichuan en mai dernier.

je dirai que du moment que les wagons ne se trouvent pas sur un chantier de métro prêt à s'effondrer, c'est plutôt une bonne nouvelle.
Sosie
vendredi 5 décembre 2008
Appel à la Résistance

L’info date de mars 2007 mais on en redemande encore. La scène se passe en Chine à Chongquing, dans le quartier de Jiulongpo. Wu Ping et Yang Wu, propriétaires d’un immeuble en brique de 2 étages sur un terrain en démolition de 10,000 mètres carrés, ont été officieusement élus par les internautes chinois les dīng zi hù (釘子戶 / personne ou ménage refusant d’évacuer sa residence réquisitionnée au nom de “l’intérêt public” pour un projet de construction) les plus entêtés de l’histoire. Ils ont embarassé par la même occasion le gouvernement chinois et mis en relief l’absurdité du droit réel immobilier chinois (物權法 ou Wuquan fa).
L’arrivée d’eau et d’électricité a bien évidemment été coupée et l’immeuble est perché à 20 mètres de hauteur. On peut entre autre apercevoir un drapeau chinois et une affiche mentionnant le message suivant : “On ne peut pas violer la propriété privée légitime du peuple sans permission”. Le promoteur immobilier a engagé des poursuites à l’encontre de Wu Ping et Yang Wu et le tribunal a ordonné une évacuation par la force si le couple ne désertait pas les lieux. Difficile toutefois pour le promoteur immobilier, assailli par les médias, de lever le moindre petit doigt sur ce résistant des temps modernes. La rumeur circule qu’une proposition de 2 millions de yuan aurait été faite aux propriétaires mais ces derniers en auraient demandé dix fois plus. Selon d’autres sources, Yang Ping serait proche d’une haut gradé de la mairie de Chongquing. Les intéressés réfutent toutes ces allégations.
Yang Ping est un véritable héros pour de nombreux chinois. On peut notamment apercevoir sur le net des photos de Yang Ping en Marianne. Malheureusement, malgré le soutien des médias et des internautes, l’immeuble fût finalement rasé un mois plus tard. Difficile de savoir comment l’affaire à été conclue mais de nombreuses personnes continuent la lutte contre la démolition et le relogement sur internet.

Fin du siège en Avril 2007
mardi 2 décembre 2008
Effet Boeuf 2
Le Service National du Contrôle de Qualité des Produits Agricoles, qui recense 90 156 établissements liés aux activités de la viande de boeuf, vient d’appréhender 488 commerçants pour falsification et tromperie sur la qualité, la nature ou l'origine de la marchandise. 73 132 restaurants et 17 024 distributeurs, revendeurs et bouchers viennent d’être controlés. Dans 18 cas, la viande américaine a été labélisée viande australienne et dans 14 cas, viande coréenne. On compte également trois cas de mélange de viande américaine et coréenne revendu en tant que viande coréenne. Les restaurateurs pris en flagrant délit de falsification risquent jusqu’à une peine de trois ans de prison ferme ou une amende de 30 million de won. Les revendeurs de viande de boeuf risquent une peine allant jusqu’à sept ans d’emprisonnement ou une amende de 100 million de won. La méfiance du public vis-à-vis du boeuf américain aurait poussé ces entreprises voyoues à commettre ces actes.
Depuis 1990, une grande partie de la viande de boeuf consommée en Corée du sud est importée des Etats-Unis et de l’Australie. En 2005, 70% de la viande de boeuf consommée était de provenance étrangère. L’apparition en 2003 de la vache folle aux Etats-Unis a provoqué l’embargo immédiat du boeuf américain sur le sol coréen. Ce blocage a redonné du tonus aux ventes de boeuf coréen. Les bovins coréens, plus connus sous le nom de hanwoo, ont la faveur des consommateurs coréens pour la qualité de leur viande (elle est réfrigérée alors que la viande étrangère arrive congelée) et la réputation de son élevage même si son prix est supérieur aux importations.


Reconnaître l’origine de la viande est un exercice bien difficile. En haut, le hanwoo, au centre, la viande de boeuf américain, en bas la viande de boeuf australien.
Suite à la signature du traité de libre-échange entre les Etats-Unis et la Corée du sud en début d'année, la levée de la quarantaine sur les importations de boeuf américain a fait naître une crainte de voir surgir une épidémie de maladies liées à la vache folle sur le sol coréen. Pendant plusieurs semaines, des manifestations, tournant parfois à l'émeute, ont rassemblé des dizaines de milliers de personnes dans les rues de la capitale. Pour faire face à la colère rampante d'une partie de la population, le président Myungbak Lee a d'abord renégocié l'accord de libre-échange sur le boeuf avec les américains, limitant l'importation de boeuf aux animaux de moins de 30 mois. Les ministres de l'Agriculture, de la Santé et de l'Education ont ensuite été sacrifiés sur l’autel de la crise de confiance. Le président a par ailleurs reconnu les erreurs dans la gestion du problème. Aujourd’hui, le calme est certes revenu mais la méfiance règne.
Les importations de viande de boeuf américain ont véritablement repris depuis août 2008 mais la grande distribution, consciente des risques inhérents aux produits américains, n’a emboîté le pas que la semaine dernière. En raison de la contraction de la consommation des ménages et de l’orientation actuelle des consommateurs vers les produits bons marchés, E-Mart, Homeplus et Lotte Mart, Les trois plus grandes chaînes d’hypermarchés sur le marché coréen, ont estimé que le boeuf américain ne suscitait plus la méfiance exacerbée des consommateurs. Le week-end dernier, dans le E-Mart de mon quartier, il était effectivement difficile de trouver de la viande de boeuf américaine, partie comme des petits pains. La qualité est satisfaisante et le prix du kilo de viande est largement inférieur à celui du hanwoo. Au mois de novembre, le boeuf américain représentait d’ores et déjà plus de 50% des importations de boeuf vendus en Corée du sud.

Le boeuf américain est de retour dans les rayons du Lotte Mart
Malheureusement, cette affaire porte avant tout le discrédit sur la chaîne de distribution du boeuf coréen, qui ne dispose pas encore d’un système de traçabilité adéquat. La différence de prix entre le produit américain et coréen permet aux commerçants malveillants de multiplier leur bénéfice par quatre. La tentation est grande. Le hanwoo, gage de qualité de la viande de boeuf en Corée hier encore, vient d’hériter, par le biais d’une poignée de canailles et en un temps record, de l’inquiétude des consommateurs à l’égard du boeuf en général.
lundi 1 décembre 2008
Seoul, Soul of Asia
Telle était l’une des questions posées dans le sondage mené par la ville de Séoul auprès des habitants des trois pays vedettes de l'Asie, autrement dit, la Chine, le Japon et la Thaïlande. L’agence de sondage et d'études de marché AC Nielsen a ciblé pour le compte de la ville coréenne en novembre un échantillon de 1 500 personnes (750 chinois, 450 japonais et 300 thailandais) ayant voyagé à l’étranger durant ces deux dernières années et ayant l’intention de faire un voyage hors de ses frontières d’ici un an. Surprise, Séoul est devenu la destination la plus courtisée par ses trois nations. La ville de Séoul avait réalisé un sondage similaire l’année dernière et Séoul était alors seulement en quatrième position pour les chinois, deuxième pour les japonais et huitième pour les thailandais. Concernant la question “quelle est la ville qui vous vient le plus à l’esprit pour un projet de voyage à l’étranger”, la capitale sud-coréenne est en troisième position pour les chinois et en deuxième position pour les japonais et les thailandais.
Quelles sont donc les raisons de cet engouement récent pour cette métropole au charme certain mais discret? La ville de Séoul semble tout simplement avoir mis la main à la poche pour promouvoir ses trésors urbains et sa culture dans ces trois pays : 76.8% des chinois sondés affirment avoir vu une publicité sur la ville de Séoul (télévision, journal, internet, affiches). 76% des thailandais et 57.1% des japonais sondés donnent une réponse comparable. Elle a notamment fait appel au réalisateur Chen Kaige, au romancier Ryu Murakami, au photographe Anuchai Secharunputong, ainsi qu'au pianiste George Winston pour se mettre en valeur. Le responsable du plan de promotion de la ville sud-coréenne déclare que "il est prévu d'investir d'une façon soutenue dans la publicité à l'étranger dans les 3-4 prochaines années afin que les intentions se concrétisent en visites réelles de la ville de Séoul".
La Corée semble enfin se donner les moyens de se constituer une attractivité culturelle et touristique digne de son niveau économique. Je dois dire que cette campagne publicitaire est plutôt réussie. Admirez par vous-même le résultat. Prochaine étape, les pays occidentaux?
La version chinoise avec Chen Kaige
La version japonaise avec Ryu Murakami
La version thaïlandaise avec Anuchai Secharunputong

